Pratiquer un art martial traditionnel japonais, c’est emprunter la voie ( « Do » ) et s’engager dans une recherche à la fois technique et philosophique pour progresser, dans toutes les dimensions du terme. Un apprentissage dans la sérénité et le respect qui pourra durer quelques mois, des années ou toute une vie. C’est également choisir un professeur, le Maître du Dojo (le Dojo étant le lieu consacré à la pratique des budō 武道). D’ailleurs, la plupart des grands experts ont appris auprès de différents Maîtres (ou Senseï) ce qui est une bonne chose en soi car nul ne possède, seul, toutes les réponses.
Puis, vient la spécificité française qui veut que toute activité assimilée à un sport soit encadrée par une technostructure bureaucratique. Et c’est ici que les problèmes commencent car l’organisation de l’Aïkido dans notre pays depuis les années 1980 a engendré beaucoup de déconvenues : faute de perpétuer, promouvoir et développer notre art, on a assisté à la valse des égos… Exit le respect de la tradition pour un appauvrissement de l’approche technique et philosophique, au profit d’une course effrénée aux grades. Recherche d’une vaine reconnaissance contraire à l’esprit même du budō.
Aussi, l’Ecole d’Aïkido Traditionnel – Dojo de l’Aisne a choisi une autre Voie en s’affiliant à une Fédération affinitaire multisports reconnue et porteuse de valeurs, la FFST (Fédération Française du Sport Travailliste) agréée par le Ministère des Sports et elle-même affiliée au Comité National Olympique et Sportif Français. Elle a pour devise « Le Sport en Liberté ! ». La FFST est membre de la Confédération Sportive Internationale du Travail qui regroupe plus de 60 pays dans le monde, organisation basée sur des idéaux : égalité et solidarité dans le sport.
Au Dojo de l’Aisne nous accompagnons nos élèves dans une pratique authentique, libre, traditionnelle, avec pour seule mission de replacer l’aïkidoka au centre des préoccupations.

Dérives des fédérations régissant spécifiquement l’Aïkido en France :
1. Des divisions internes stériles
L’Aïkido français s’est scindé en structures concurrentes qui se disputent la légitimité. Ces guéguerres techniques et philosophiques créent une confusion totale chez les débutants et alimentent des conflits bien éloignés des valeurs martiales.
2. Une gouvernance contestée et l’effondrement des effectifs
Opacité décisionnelle, manque de transparence, choix stratégiques douteux… Bilan : une chute spectaculaire du nombre d’aïkidokas en France ces 25 dernières années et une incapacité collective des instances à stopper l’hémorragie.
3. La quête de légitimité administrative au détriment du Budo
La course au monopole institutionnel prime désormais sur l’enseignement martial. La technostructure s’est substituée à la réalité de la pratique et à la parole des pratiquants (budokas).
4. Un retard face aux attentes contemporaines
Bloquées dans leurs habitudes, les structures officielles tardent à renouveler leurs formats de stages, leurs événements et leurs formations pour s’adapter aux rythmes et attentes de la vie moderne.
5. Une gestion financière opaque
L’utilisation des cotisations suscite une méfiance grandissante : manque de clarté des comptes, investissements discutables… La rupture de confiance entre les clubs et les instances est aujourd’hui consommée.
6. La caricature du débat Tradition vs Modernité
Entre tentatives de modernisation absurde et conservatisme rigide, les instances fédérales fragmentent la pratique au lieu d’offrir un cadre équilibré et bienveillant.
7. L’hyper-technocratie des grades et formations
Des processus de certification des enseignants de plus en plus lourds, compliqués et coupés des clubs. Sans oublier une véritable course effrénée aux grades Dan, une approche très occidentale à l’opposé de l’Histoire des arts martiaux japonais.
8. La détérioration des liens internationaux
Des tensions diplomatiques régulières avec les instances internationales et les Maîtres japonais entachent la crédibilité et la reconnaissance de la pratique française à l’étranger.
9. La trahison des valeurs fondamentales
Humilité, respect, entraide : ces piliers de l’Aïkido sont bafoués par les luttes d’influence au sein des pyramides fédérales, provoquant l’écœurement et le départ des pratiquants sincères.
10. Une inclusion et une accessibilité insuffisantes
Un manque cruel d’initiatives ciblées pour ouvrir l’Aïkido à la diversité : trop peu d’actions concrètes pour favoriser l’accueil des femmes, des jeunes, des personnes en situation de handicap ou issues de tous horizons socio-économiques.

Vers quel modèle aller ?
Face à ce constat, notre dojo a fait le choix de la clarté et du bon sens en se rattachant au modèle traditionnel japonais : Un Maître, un Dojo.
Notre vision de l’Aïkido de demain
| Axe de transformation | Notre engagement au Dojo |
| Autonomie & Service aux clubs | Une structure partenaire, non-interventionniste, centrée sur le soutien (outils numériques, communication, accompagnement pédagogique, formations). |
| Valorisation du parcours | Une valorisation du parcours personnel des pratiquants, au delà de la culture très occidentale de la hiérarchie des grades. |
| Ouverture & Interdisciplinarité | Des ponts jetés vers d’autres disciplines (arts martiaux mixtes, préparation physique, santé). |
| Pratique équilibrée | Un Aïkido réaffirmé dans sa dimension martiale efficace, tout en restant un art d’équilibre de vie, de bien-être, de sérénité, de développement personnel. |
